illustration exportation au Vietnam

Les infrastructures portuaires et enjeux logistiques au Vietnam

1)Les principaux ports au Vietnam

Le Vietnam possède 44 ports de plus ou moins grande envergure, totalisant une capacité de 500 millions de tonnes de marchandises gérées annuellement. Les ports principaux du pays sont ceux de Hai Phong, Da Nang, Qui Nhon, et Ho Chi Minh Ville. De nouveaux ports en eaux profondes sont en construction, comme ceux de My Thuy International Seaport et Lien Chieu.

 

1.1) Les ports du nord du Vietnam

Pour le fret international de conteneurs depuis ou vers le nord du Vietnam, les ports les plus sollicités sont ceux de Hai Phong et Vung Ang. Aucun des deux n’est un port en eaux profondes, ce qui nécessite un transbordement des conteneurs sur de plus petits navires, afin de pouvoir les acheminer à ces ports, puis dans le nord du pays. Ces opérations de transbordements sont généralement effectuées aux ports de Singapour, ou de Hong Kong.

En mai 2018, le port de Lach Huyen a été inauguré à Hai Phong. Ce port en eaux profondes permet d’accueillir d’importants navires porte-conteneurs et de réduire ainsi le besoin de transbordement. Ce port est connecté au nord du pays grâce au nouveau viaduc-autoroutier reliant Lach Huyen à Tan Vu. Cela permet d’augmenter la connexion du port au continent et de faciliter le transfert des marchandises.

En 2017, Hai Phong a participé à 13% des flux portuaires totaux du pays.

photo de Hai Phong la nuit

Hai Phong

 

1.2) Les ports du centre du Vietnam

Dans le centre du pays, deux ports majeurs servent d’entrée et de sortie aux marchandises, les ports de Da Nang et de Qui Nhon. Ce dernier est un port en eaux profondes. La région possède aussi 9 ports mineurs. Le port de Qui Nhon est utilisé principalement pour les marchandises à destination ou venant du nord du Cambodge.

La région a géré 12% des flux portuaires totaux du pays en 2017, avec le port de Da Nang captant la majorité du trafic.

photo de Qui Nhon

Qui Nhon

1.3) Les ports du sud du Vietnam

Les ports d’Ho Chi Minh Ville assemblés forment le 26ème port de conteneur au monde, et le 5ème plus important dans l’ASEAN. Dans la région, il est devancé par les ports de Singapour, de Port Klang et Tanjung Pelepas en Malaisie et de Laem Chabang en Thaïlande.

A 70 km environ au sud d’HCMV, le port de Cai Mep est un port en eaux profondes important pour la région. Il sert de passerelle pour la plupart des marchandises provenant des centres de production majeurs de Dong Nai et Binh Duong. Malgrès son envergure (7 terminaux en eau profonde), le port de Cai Mep ne fonctionne qu’à 30% de sa capacité, car de nombreux ports mineurs de la région sont préférés à Cai Mep. On peut citer le port de Cat Lai comme exemple, qui est l’un des plus grands et modernes terminaux de conteneur du Vietnam. Sa proximité d’Ho Chi Minh Ville, de Ba Ria, de Vung Tau, de Dong Nai et de Binh Duong fait qu’il est utilisé au détriment du port de Cai Mep. Comme Cat Lai n’est pas un port en eaux profondes, les marchandises passant par ce port doivent être transbordées.

En 2017, les ports d’HCMV ont géré 67% des flux portuaires totaux du pays.

port de Cai Mep

2) L’Indice de performance logistique du Vietnam

L’indice de performance logistique est une étude biennale qui analyse les performances logistiques d’un pays en terme de commerce. Toutes les données nécessaires sont récoltées lors d’une enquête menée par des professionnels de la logistique. Dans l’étude réalisée en 2018, le Vietnam a gagné 25 places comparé à l’étude précédente. Il se hisse ainsi à la 39ème place mondiale, sur 160 pays audités. Parmi tous les critères d’analyse, les progrès majeurs se situent dans le suivi et la traçabilité ainsi que dans la compétence logistique qui se sont respectivement classés à la 41ème et 29ème place.

 

2.1) Ce que cela révèle sur la logistique au Vietnam, comparée à celle d’autres pays

Le classement du Vietnam est passé du 64ème au 39ème rang, durant les deux années qui ont séparées les deux dernières études réalisées. Durant cette même période, le Vietnam est passé de la 5ème à la 3ème place, parmi les pays membres de l’ASEAN.  Singapour, la Malaisie, la Thaïlande et l’Indonésie devançaient le Vietnam dans cet ordre en 2016, alors qu’en 2018, seul Singapour et la Thaïlande sont restés en tête.

Parmi les pays émergents, le Vietnam a été le premier du classement en 2018, suivi par l’Inde, l’Indonésie, la Côte d’Ivoire, les Philippines et l’Ukraine.

 

2.2) Quels sont les critères permettant d’évaluer les performances logistiques ?

Cette étude se base sur 6 critères clés d’évaluation qui sont :

Les infrastructures ; la qualité des infrastructures liées au transport et au commerce, comme les ports, les autoroutes, etc.

La douane ; l’efficacité des douanes et la fluidité des procédures aux frontières

La compétence logistique ; la qualité globale des services de logistique

Les transferts internationaux ; la compétitivité et l’efficacité des transferts internationaux depuis ou vers le pays

La ponctualité ; La fréquence des retards de livraison des marchandises

Le suivi et la traçabilité ; La facilité et la transparence du suivi des marchandises

Le Vietnam a effectué ses plus nettes progressions dans le suivi et la traçabilité, ainsi que dans la compétence logistique où il se classe respectivement aux 41ème et 29ème place. En terme de douanes et d’infrastructures, le Vietnam a progressé de 23 places. Le pays a aussi gagné 16 places en ce qui concerne la ponctualité. Les transferts internationaux ont enregistré la plus mince progression avec une petite place gagnée.

Cette dernière réalité s’explique car les entreprises fournissant des prestations de logistique internationale le font généralement pour le compte de firmes étrangères. Les entreprises vietnamiennes sont aussi plus impliquées dans les services domestiques comme l’entreposage et les manutentions, et le transport aérien et fluvial.

 

3) La conjoncture logistique et industrielle du Vietnam

Durant les 10 dernières années, la forte croissance de la production au Vietnam a engendré une augmentation de la demande en fret. Ce dernier phénomène a souligné l’importance des ports et la nécessité d’investissements dans ces infrastructures qui montrent leurs limites. Le coût logistique élevé du pays, qui compte actuellement pour 22% du PIB national doit être réduit au plus vite.

Entre 2006 et 2017, le commerce extérieur du Vietnam est passé de 69 milliards à 351 milliards d’USD. Durant cette même période, le volume total de fret du pays a plus que doublé, passant de 101 milliards à 239 milliards de tonne/km. Quant à lui, le volume de fret sur les voies fluviales est passé de 18 milliards à 45 milliards tonne/km, alors que le transport maritime a progressé de 61 milliards à 131 milliards tonne/km. La forte croissance de la production et du commerce devant se poursuivre dans les prochaines années, la tendance haussière du fret devrais elle aussi continuer. L’investissement dans les infrastructures portuaires est donc une priorité pour le gouvernement.

 

3.1) Les enjeux majeurs de la logistique et du transport maritime au Vietnam

Le Vietnam fait face à une hausse de l’utilisation de petits ports et navires au dépens des ports importants du pays. Pour appuyer ce propos, 80% des imports et exports du pays par conteneurs se font via les ports mineurs. Le sous-développement des infrastructures portuaires impacte l’industrie, qui compte des pertes annuelles de plus de 2,4 milliards d’USD causées par le fret. Certains ports souffrent aussi d’une surcharge de marchandise, ce qui entraîne d’importants embouteillages et retards.

Comme décrit précédemment, le port de Cat Lai est plus utilisé que celui de Cai Mep, bien que ce dernier soit en eaux profondes et puisses accueillir des navires de 18000 EVP. Pour arriver à Cat Lai, les conteneurs doivent être transbordés à Hong Kong ou Singapour, ce qui cause des retards et augmente les coûts d’environ 30%. En addition, les abords de Cat Lai sont régulièrement congestionnés par de grands embouteillages, causés par des retards dans les stations de pesage et dans les intersections routières.

 

4) Les principaux axes de progrès en logistique

4.1) Augmenter les capacités portuaires actuelles

En plus d’investir dans les zones portuaires actuelles, le gouvernement doit aussi proposer la construction de nouveaux ports en eaux profondes pour réduire le coût du transport et augmenter l’efficacité des infrastructures. Le delta du Mékong est une zone prioritaire à ces investissements. Le gouvernement a présenté un plan de développement du système portuaire aux horizons 2020 et 2030. Il se focalise sur l’achèvement du dédouanement d’1 milliard de tonnes de marchandise à l’horizon 2020 et d’1,6 milliard de tonnes en 2030. Mais de nombreuses autres problématiques doivent trouver réponse comme la position des ports, la connexion avec les hubs économiques, et la proximité avec les routes maritimes internationales.

 

4.2) Développer le transport sur voies fluviales

Le Vietnam possède plus de 42000 km de voies fluviales, surtout localisées dans les deltas du Mékong et du fleuve Rouge. Le développement de leur utilisation améliorerait la connectivité du pays et réduirais les coûts de transport dans ces régions. Ces régions souffrent actuellement d’un isolement des hubs de production et des ports intérieurs. Le développement des transports fluviaux devrait être priorisé afin d’augmenter la connectivité globale de ces régions au pays.

 

4.3) Améliorer la connectivité générale du pays

Le développement de nouveaux ports entre en contradiction avec ceux existants déjà et qui méritent d’être optimisés. Le manque d’infrastructures de jonction comme les autoroutes, les chemins de fer, les ponts et les entrepôts complique aussi la création de nouveaux ports. Du fait de leur proximité avec les hubs de production, les petits ports sont surexploités, ce qui engendre des congestions et retards importants. La connexion entre les hubs industriels et les usines est vitale car elle permettra à ces dernières de fonctionner à leur maximum de capacité. Les investissements devraient donc aller en ce sens.

Par la suite, au-delà de la simplification des réformes administratives, les investissements devront être focalisés sur les infrastructures logistiques et d’entreposage pour renforcer la connectivité de toutes les régions du pays. Cela permettra de réduire les coûts logistiques, mais aussi d’augmenter la compétitivité du Vietnam dans le commerce international. Les transports comptent à eux seuls pour plus de la moitié des coûts logistiques du pays. Les coûts logistiques ont atteint 46 milliards d’USD en 2017, ce qui représente approximativement 21% du PIB.

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